Qui êtes-vous ?

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Femme de vigneron, ce n'est pas un véritable statut, pourtant c'est le mien...Je vous raconte ici ma vie, mais aussi mes émotions, mes joies et mes peines, mes colères et mes incompréhensions. Je suis passionnée et impulsive. Je suis aussi une femme amoureuse et  une mère un peu trop mère... J'ai appris à aimer le vin avec Bruno. Je suis curieuse mais pas indiscrète. Bref, ici, vous apprendrez à me connaître, à m'aimer ou à me détester!

mardi 27 août 2013

Bon ou mauvais, l'essentiel c'est de participer!


Vous connaissiez la différence entre le bon et le mauvais chasseur?
Maintenant on connaît aussi la différence entre le bon et le mauvais caviste.

Alors je voudrai vous expliquer la différence entre le bon et le mauvais vigneron!

Le bon vigneron il s'occupe de sa vigne, de ses raisins pour faire du vin.
Le mauvais vigneron, il s'occupe de sa vigne, de ses raisins... pour faire du vin.

Alors vous me direz: "oui mais le bon vigneron, lui, il fait du bon vin!".
Ouais.
Mais c'est quoi du bon vin?
Et ben voilà!
Je ne sais pas moi!
Parce que j'ai une fâcheuse tendance à aimer les vins qu'il ne faudrait pas!
Alors le bon vin... ça dépend de qui vous en parle!

Tout pareil pour la vigne.
Y a en qui trouve que le bon vigneron c'est celui qui n'a pas d'herbe qui poussent dans ses vignes.
Quand c'est propre, c'est plus joli, ça fait sérieux et pas fainéant.

Y en a qui trouve que le bon vigneron c'est celui qui a plein d'herbe dans ses vignes (ou un peu mais pas trop pour pas faire fainéant non plus!). Parce qu'il prend soin de la nature et de sa santé. A ce qu'il dit.

Bref, on est forcément le bon ou le mauvais vigneron de quelqu'un.

Et on trouve des vignerons de toutes sortes: des vignerons conventionnels, des bio, des biodynamistes, des natures pas bio, des natures bio, des natures biodynamistes, et même des conventionnels bio natures (ça existe, j'en ai vu circuler!).

Mais on veut les mettre dans des cases tous ces vignerons.
Les conventionnels à droite, les bio à gauche.
C'est mieux pour les repérer.
Les conventionnels en talon aiguille Chanel, les bio en vieilles sandales de cuir acheté chez l'artisan du coin.
Bref, tout ça me gêne un peu.
Oui.
Moi je veux pouvoir être libre (même si on l'est jamais tout à fait!), aimer ce que j'aime vraiment.
Pas aimer parce qu'on doit l'aimer. Pas aimer parce qu'on est dans une certaine case qui nous empêcherait d'aimer certaines choses et qui nous imposerait d'en aimer d'autres...

On explique aux gens que le vin, c'est aussi la diversité, que le vin nature est libre, vivant... et nous autres, vignerons, on ne le serait pas? libre et vivant?
Merde alors!

Avec tout ça, vous ne savez toujours pas ce que c'est qu'un bon vigneron?
Moi non plus?!
Ou enfin si... j'ai ma petite idée mais c'est pas très viticulturellement correcte... alors je la garde un peu pour moi!
Bon courage!

Buvez bon, aimez votre vigneron, faites lui confiance et tout se passera bien!


Voici un petit aperçu de la maturité des vignes à Vauxrenard.
J'veux du soleil!

lundi 12 août 2013

Ces quelques mots d'amour...!

Steph est un grand romantique sous ses airs tendres de mâles rebelles!
Il est venu nous aider quelques jours, il y a quelques semaines et est reparti avec des bouteilles qu'on avait cachées derrière les fagots!
Voilà ce qu'il ressort de ses dégustations!:



"1 mois qu'elle m'attendait dans les caves Nivernaises. 1 mois qu'elle se faisait désirer. À peine arrivé, je pensais à elle, excité par l'idée d'y poser mes lèvres et d'en jouer avec ma langue. Hé bien ce fut une soirée magnifique que nous avons passé tout les deux..." avec quelques mots d'amour!




"Le dicton "ne vous fiez pas aux apparences" s'applique bien ici. Là faut s'imaginer en boîte de nuit (bal populaire pour les anciens), lumière faiblarde, on tente sa chance car malgré les lunettes énormes et sa tenue large on se dit qu'elle peut être bien dans l'intimité. 
Ouverture le bordel. 
Désorganisée et un peu brutale la petite (elle n'a pas vu le loup depuis longtemps faut dire). On va la laisser se détendre et la garder au frais car un poil chaude (face à mes lèvres c'est normal). Je l'invite donc plus tard à un dîner sur un curry maison (elles craquent toutes avec ça). Hé ben paf, elle s'est calmée et se dévoile. Moins fine que sa soeur d'hier, elle me bouscule un peu mais elle est très gourmande pis j'aime ça façon de me griffer le dos pour me réveiller après chaque bouchée de curry. J'ai bien fait de lui laisser sa chance mais faudra pas attendre car elle va vite perdre de son potentiel. Pas de mot d'amour mais un bon moment passé ensemble. "




"Ce soir, j'ai décidé d'aller draguer dans un village sans prétention qui a mauvaise réputation. 
J'arrive sur une soirée asiatique avec nouilles sautées (ça tombe bien vu qu'il semble que ce soit surtout l'Asie qui aime ce genre de fille, il paraît que c'est l'effet mode que les Français détestent avec elles (vu la tronche, je sais pas si elle est à la page cette fille là)).
 Je me lance. 
Non filtré la coquine (ça veut dire qu'elle sait pas fait le maillot en langage vigneron).
 Oh merde, ça sent pas bon. 
Heureusement elle a une jumelle (faut espérer qu'elles soit pas synchro dans leurs période).
 Je la prends délicatement et la renverse tendrement. 
Ses parfums m'ennivrent et pour une nouvelle, je pense qu'elle a du regarder plus d'un film coquin pour savoir si bien me parler. Elle est ample, mûre (au moins pas de détournement dans mon casier) très fruitée et se laisse faire tout en prenant le dessus au début. Elle tient bien la distance (oh hé hein, faut pas croire que je dure pas) et après un bon moment passé ensemble, je la quitte la bouche encore emplit de ses saveurs. 
Comme Eddy Barclay, finalement c'est bon les petites jeunes et à tout les cons fan ou pas fan de mode, je dis démarques toi !!!"




"En me souvenant de ma rencontre d'il y a 3 jours, je me décide à retenter ma chance mais avec une soeur plus âgée (pas ménopausée quand même). 
Elle a eu des échos de mes dernières rencontres car d'entrée, elle se montre acide et ne se laisse pas faire. 
Je lui laisse le temps de s'exprimer et de lui montrer que je ne suis pas un chaud lapin (s'il faut y mettre les formes, je sais le faire). 
J'en profite pour la regarder avec son teint digne d'une de ses cousines de Bourgogne. Quelques petits grains de beauté par ci par là. 
Enfin elle se laisse approcher et je peux la prendre en main, sentir ses parfums ennivrants. Enfin mes lèvres savourent son corps. Moins fine que sa soeur, elle continue de vouloir me fuir légèrement en me lançant des pics et en faisant un peu la planche (j'aurais du lui dire que j'étais pas trop porté sur les Bordelaises). 
Bon je me démène pour lui montrer que je la désire et trouver comment l'épanouir. Elle chauffe mais ça ne lui va pas trop (je devrais lui glisser un glaçon dans le dos mais ça ne se fait pas il paraît (c'est con mais j'aime bien qu'on me le fasse tout comme le fromage sur les seins et... Je m'égare)). De toutes façons, nous arrivons à la fin de l'acte et là je touche...."

"Résultat, 4 jours, 4 rencontres, et 4 raisons d'y revenir (merde j'y ai choppé l'accent) et vivement la polygamie que je les épouse toutes et d'autres encore plus. En attendant, j'ai leur adresse et je compte bien y refaire un tour..."


Merci à Toi Steph, c'était parfait. Sincère. Et comme j'aime qu'on parle de mes vins!
Si vous voulez voir ce garçon passionné, allez faire un tour à Poitiers au Fruit Défendu , il y est quand il n'est pas ici ou chez Claude Courtois en Sologne! 

vendredi 9 août 2013

Etat de choc


Suite à mon dernier billet, j'ai eu quelques remontrances!
Je l'ai bien cherché...
Juste à cause de la photo.
Même si elle illustrait bien le billet...
Je trouve...
Non?

Mais les gens choqués n'ont certainement pas lu mon texte ou compris ce que je voulais y dire! ( faut dire que je ne suis pas une grande écrivaine et juste les autochtones comprennent mon parlé!)
Parce que bien trop souvent, on jette un oeil, et on juge sans trop essayer de comprendre le pourquoi du comment de la chose qui se passe.

Bref
Moi je suis bien plus choquée de la situation actuelle pour nous autres vignerons.
Excusez moi de ne pas parler des autres corps de métier mais si en plus je parle de ce que je ne connais pas, on va me balancer des pierres dès que je franchirai le pas de ma porte!

Choquée par toutes ces vignes en friches, choquée par le fait que sur 10 arrêts d'activité seulement 1 est reprise,
choquée par les bas prix des vins bien trop souvent, choqués par plein de choses bien plus importantes que par les seins d'une femme... (qui en plus sont très jolies)

Je suis révoltée par certaines pratiques un peu trop chimiques.

Y a aussi toutes ces aides qu'on met en place: à l'arrachage, à la plantation, à la restructuration: on met en place des services, plein de services, on monte des dossiers, pleins de dossiers, qu'on transmet à ces services, pleins de services, et quand on devrait toucher ces fameuses primes... y a plus d'argent... parce que y avait trop de services!

Je suis choqués par ce qu'on ose nous faire bouffer, par ce qu'on ose nous faire boire ( simplement au robinet de la cuisine).

Voilà.

Tout ça ça me choque vraiment.
Tout ça, ça me révolte vraiment.

Mais désolé.
Une paire de jolis seins ou de jolies fesses, ça ne me choque pas...
en tout cas... pas encore.

Vous vous demandez pourquoi cette photo pour illustrer ce billet? Parce que la pauvre vigneronne a été prise d'une crise de folie. Elle ne veut plus faire ses DRM, ses DEB, remplir ses dossiers agrimer, subir tous ces contrôles, faire agréer ses vins. Elle veut la paix!

mercredi 7 août 2013

Confidence pour confidence


Bruno se confiait à moi ce matin.
Je suis sa confidente!

Il disait:
"Tu trouves pas que c'est un métier de crotte (je traduis parce que quelquefois il utilise des mots que je ne peux pas transcrire tel quel... cela choquerait le lecteur de passage...)

On se fait chier dans les vignes à essayer de faire des raisins.
On n'en a pas des masses, faut le reconnaître.
On a la trouille dès que le ciel se charge et qu'il devient noir (faut dire qu'on a passé une nuit un peu angoissante). On a même mis en place des rituels vachement bizarre pour conjurer le sort! On est devenu superstitieux, anxieux, angoisseux...!
Quand par bonheur on rentre les raisins qui ont échappé au gel, à la grêle, au mildiou, aux coups de soleil, aux charrues, à la débrousailleuse etc...
On essaie de vinifier du mieux qu'on peut sachant que ça plaira pas à ceux à qui ça devrait plaire en premier!
Mais on vinifie quand même comme on veut parce qu'on est un peu con sûrement.

Quand on a tant bien que mal échappé à la volatile, aux brett, à l'acétate, aux goût de souris, de rats et de hérissons... on met en bouteille.
Pis là on nous dit que c'est pas bon (pourtant on était content de nous! peut-être qu'en devenant superstitieux, on en est devenu mauvais dégustateur?!). Que c'est grave, que ça peut pas être vendu comme ça, qu'on va empoisonner le monde entier, que le soufre c'est bon pour la santé, que sans le soufre, ça ressemble pas à de l'AOP... Qu'on est des incapables.
Alors nous, on se regarde, on se trouve pas mal pour notre âge! (mais ça... ils s'en foutent! le physique c'est secondaire y paraît!). C'est chiant! Moi qui misait tout sur le physique!

Tant pis, c'est trop tard, on a fait comme on a voulu maintenant faut assumer.

Et enfin, on est content, un mec trouve ça bon et achète...
Il y boit, il y vend, il en est super content!
et paie pas!
Comme si on n'avait pas besoin d'argent pour vivre?
Ok, l'amour, l'eau fraîche (dégueulasse au passage depuis qu'elle vient de je ne sais où)... et ???

Faut qu'on bouffe la terre bio de nos vignes?

Ou on vend le vin à un mec qui nous reproche d'avoir vendu à son collègue à 100 km de chez lui...
"Je veux bien t'acheter ton vin, mais tu le vends à personne d'autre"?
Merde...
Comment je vais faire?
Je vais boire le reste du coup?
Mais je sais pas si j'aurai le temps? Si j'aurai assez de jour dans l'année pour écouler la récolte, même si elle n'est pas bien grosse!

Et Bruno de finir: "avec tout ça, tu te dis que t'as pas trop le choix de retourner dans tes vignes pour tailler, pour faire des raisins qui feront du vin qui sera refusé à l'agrément, qui sera vendu et que peut être on nous paiera pas!"
J'aime bien quand il se confie mon Bruno...
Il me remonte le moral!

On fait quand même le plus beau métier du monde!
Non?

Vous vous demandez ce que vient faire cette photo sur ce billet?
Explication: Dans le verre, c'est un vin nature, refusé à l'agrément. La vigneronne essaie de tout boire, d'écouler le stock. Elle n'a plus les moyens de s'acheter des vêtements parce que trop d'impayés. Bref, c'est l'illustration parfaite!



mardi 6 août 2013

Les lundis se suivent et se ressemblent


Ouf... c'est mardi et on a passé le lundi sans trop de problème!
Je déteste le lundi.

Je l'ai déjà dit ici!
D'ailleurs c'est l'un de mes billets qui totalisent le plus de visites!
Le lundi, les gens cherchent "lundi" sur Google... Parce qu'ils sont désespérés et qu'ils cherchent vraisemblablement un soutien immédiat!
Je ne suis d'aucun soutien le lundi... qu'on se le dise! Mon blog peut l'être... pourquoi pas?

Les gens sont souvent désagréables le lundi (même si y en a qui le sont aussi le mardi... le mercredi puis les jours suivants...)
Ouais...
Ils sont désagréables... soit parce qu'ils ont passé un mauvais week end et te le font payer... comme si tu y étais pour quelques chose!
Ils sont désagréables... soit parce qu'ils ont passé un bon week end et que lundi est arrivé bien trop vite... comme si tu y étais pour quelque chose!

Alors quand voilà mardi... on souffle un peu d'avoir passé lundi et les humeurs des gens!
On les retrouvera dans 8 jours...
Mais ça laisse quelques jours pour prendre du bon temps ça, non?